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Hip Hop des émotions

Emotion4

Tes émotions, comment tu en parlerais ?

Difficile de les décrire de manière précise. Ce que je sais, c’est qu’elles me perturbent parfois, elles m’empêchent de penser sereinement en déformant ma vision de la réalité qui m’entoure et… elles m’envahissent parfois comme un tsunami.

Tes émotions peuvent avoir beaucoup de pouvoir sur toi. Surtout quand elles sont fortes en intensité. Elles sont même parfois dévastatrices. C’est parfois le cas de la tristesse, de la colère ou de la peur. Elles peuvent t’entraîner sur des territoires désagréables. Et tu te retrouves bien loin des émotions positives comme la joie, la fierté, l’enthousiasme…..

« Ce matin, ma sœur a raconté à mes parents que j’étais rentré à 4h du mat alors que j’avais la permission de 1h. Je ne comprends pas pourquoi elle a dit ça ! C’est nul. Ça m’a mis dans une colère noire. Mes parents ont supprimé mes sorties pendant 15 jours. Qu’est-ce qu’elle avait besoin d’aller dire ça alors qu’ils ne m’ont même pas entendu rentrer ?! Je suis monté dans ma chambre et j’ai jeté tout ce qu’il y avait sur mon bureau. Et j’ai aussi crié très fort sur ma sœur… ».

Il y a aussi de plus petites émotions que l’on peut qualifier d’états d’âmes comme l’anxiété, la honte, la fierté, l’enthousiasme, l’inquiétude… Ces émotions sont plus discrètes, moins visibles mais en même temps plus souvent présentes.

Et qu’est-ce que je fais avec ces émotions lorsqu’elles s’invitent dans ma journée et perturbent ma façon de penser, voire ma façon d’être ? Comment les voir venir, les identifier, les sentir et les reconnaître ? Et après, c’est quoi le programme ? Je les chasse ? Je fais comme si de rien n’était, je les ignore ou je les accueille comme des potes… Et si j’ai pas envie de leur ouvrir la porte !?…

J’ai peut-être une clé pour toi… si tu veux bien la prendre…

Voici un poème soufi de Rumi écrit au 13eme siècle :

Etre humain comme une maison d'hôte,
Chaque matin une nouvelle arrivée.
Une joie, une dépression, une mesquinerie,
Une prise de conscience momentanée vient,
Comme un visiteur inattendu.
Accueille-les tous !
Même une foule de chagrins,
Qui balaye violemment ta maison,
Et la vide de ses meubles,

Pour autant traite chaque hôte honorablement.
Il se pourrait qu'il fasse de la place
Pour quelque nouveau délice.
La pensée sombre, la honte, la méchanceté,
Ouvre-leur la porte en riant,
Et invite-les à entrer.
Sois reconnaissant pour celui qui vient,
Parce que chacun a été envoyé
Comme un guide de l'au-delà.

Ce poème illustre bien ce que tu peux expérimenter avec tes émotions, qu’elles soient agréables ou désagréables. Tu remarques que les émotions positives comme la joie, le bonheur, la gaieté… tu as plutôt envie de les prolonger, de t’y accrocher pour qu’elles durent plus longtemps. Les émotions  désagréables  comme la colère, la peur, la tristesse, tu aimerais en revanche t’en débarrasser au plus vite. Dans ce poème , Rumi t’invite à les accueillir toutes : positives ou  désagréables. A ne pas essayer de les repousser, les nier mais au contraire les voir venir, les reconnaître et leur faire une place dans ton corps, pendant un moment, puis les laisser partir.

"Et qu’est ce que je fais de ma colère quand je dois l’accueillir et que je suis dans tous mes états ?!"

 

Je reconnais que ce n’est pas facile à accepter ou à comprendre. Une chose est sûre, si tu essaies d’empêcher la colère de t’envahir, elle risque de grossir encore le temps que tu la laisses à la porte. Mieux vaut essayer de la voir venir, apprendre à sentir les premiers symptômes qui se manifestent en toi. «Tiens, je sens quelque chose de désagréable s’installer en moi. Un sentiment étrange, je ne pense plus comme d’habitude, ça me donne envie de taper des pieds par terre, casser quelque-chose ou crier ». Une fois que tu sens et reconnais cette émotion de colère qui s’infiltre en toi, tu vas pouvoir y réfléchir : «  Qu’est-ce que je fais maintenant avec ce sentiment de colère ? Je casse tout, je crie, j’engueule quelqu’un ? Ou je fais une pause et je prends le temps de me questionner pour savoir où je veux aller avec cette colère ? »

"C’est plus facile à dire qu’à faire car le plus souvent je ne maîtrise plus vraiment mes réactions quand la colère est là…" "
C’est vrai, ça demande de l’entraînement pour parvenir à prendre un moment de recul lorsque la colère s’invite dans ta tête et dans ton corps. Aussi je te propose d’utiliser les exercices dans Créas HA pour t’aider à apprivoiser cette émotion.
 

"Et pour la tristesse, t’as un truc aussi ? Parfois je me sens vide de toute envie, de toute énergie, comme anéanti par une immense couverture lourde et sombre qui obscurcit  mon esprit et m’empêche de faire quoi que ce soit. J’ai juste envie de me blottir dans un coin, tout seul et de ne parler à personne, ne rien faire, et je me sens terriblement triste…" La tristesse aussi tu peux apprendre à l’accueillir, la sentir, lui faire une place quelque part dans ton corps. Il est inutile de vouloir la chasser ou la nier car elle est arrivée pour une ou plusieurs raisons bien précises, que tu ne peux pas gommer comme ça en pensant que tout va s’arranger dans l’instant.   


Nos tristesses sont le miroir de situations, sentiments, paroles qui nous ont déplu, fait du mal. Les accueillir en leur donnant le droit de venir nous visiter, de s’installer pour un moment dans notre esprit va nous aider à mieux vivre avec elles. L’idée n’est pas de nourrir ce sentiment et de se faire un « plan sinistre » toute l’après-midi en écoutant des musiques mélancoliques et en ressassant ce qui a déclenché cette émotion désagréable. Accueille ta tristesse, laisse-lui une place. Tu la reconnais, lui donne le droit d'exister et d'être là et puis tu la laisses partir. Tu as ressenti les effets de quelque chose qui t’a heurté, bousculé, blessé, ton corps et ton esprit en ont pris conscience, tu peux passer à autre chose maintenant.

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